MOI et DIEU partie 2

•15 février 2008 • Laisser un commentaire

A défaut de maîtriser ce qui relève pourtant de son champ, l’économie et le social, l’apprenti sorcier s’engage dans la conquête des cerveaux des bambins de France. Le voilà attelé à son nouveau grand oeuvre, annoncé à l’aube de la nouvelle année : la civilisation. Morale et mémoire au programme. Le chef décrète donc : il faut ouvrir les enfants à la dimension de Dieu (première étape), il faut que chaque enfant de France porte le souvenir d’un enfant massacré en déportation (deuxième étape). La morale sarkosienne ne peut être que d’inspiration divine et la mémoire réduite au transfert de responsabilités collectives complexes à la seule charge affective individuelle, d’enfants qui plus est.

La Raison et l’Histoire seraient-elles si dangereuses ?
Mais plus grave, quelle légitimité à cette intrusion inacceptable dans l’intimité, l’intégrité des personnes ? quelle légitimité à violer aussi brutalement le principe de respect absolu des consciences sur lequel repose notre pacte social ? De quoi se mêle-t-il ?
Guaino expliquait l’autre jour, sans rire, que “l’immanence était mère de tous les totalitarismes” au contraire de la transcendance, “grande étape de l’histoire de l’humanité” et réduisant le nazisme et le stalinisme à l’inévitable conséquence “d’un monde sans Dieu”. L’observation, même distraite, de quelques régimes ou Etats (et je n’exclus pas les Etats créationnistes de l’Union), directement inspirés par le ciel, démontre pourtant, chaque jour, l’indigence et la dangerosité d’une telle profession de foi.

Ensuite, attacher chaque enfant de CM2 à la vie et la mort d’un enfant juif déporté, au risque d’accabler de culpabilité, au risque aussi de raviver les frustrations et les haines. Imaginez donc la scène : Mohamed à Drancy, chargé de la mémoire et de la mort d’Abraham ? On voudrait créer de l’antisémitisme, relancer la surenchère victimaire et chacun d’y aller de sa petite revendication mémorielle, bref déclencher de nouvelles guerres civiles qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

La plus grande vigilance s’impose à nous désormais.

moi et dieu

•14 février 2008 • 2 Commentaires

“bon là j’ai tout fait ou presque le G7 le G8, le pape, guy gilbert, jean-marie bigard, la grosse angela, mireille matthieu, george bush, tony blair, johnny, le chinois putain c’est quoi son nom, poutine, les émirs, les rois du pétrole, le khadafi, la carla, aznar, berlusconi, en mars y a la reine à buckingham, et puis après quoi ? faudrait voir à pas faiblir, faut du lourd, un mec à la hauteur. je vois pas, reste que lui, Dieu. ça le fait ça : DIEU et MOI. MOI et DIEU. Je la sens bien celle-là.”

les bananes, les soldats et la rivière

•14 février 2008 • 1 Commentaire

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Le Jourdain prend sa source au Liban, traverse le Lac de Tibériade et vient se perdre dans la Mer Morte. Son cours suit l’une des failles les plus profondes de la planète au nord de la Mer Rouge, extension océanienne du grand rift africain et ligne de fracture entre la plaque arabique et la plaque africaine. La Mer Morte au centre de la faille en est le point le plus bas, plus de quatre cents mètres en dessous du niveau de la mer et vingt kilomètres de profondeur. Le Jourdain constitue donc l’unique et indispensable source d’alimentation en eau douce de la Mer Morte mais aussi des populations riveraines, Jordanienne, Palestinienne et Israëlienne.

Le Jourdain marque aussi d’autres fractures, politiques cette fois. Le tracé de la frontière entre Israël, sur la rive droite, et la Jordanie, sur la rive gauche suit très exactement son cours. Il borne aussi l’enclave Cis-Jordanienne dans sa partie orientale.

Le débit du fleuve, surexploité sur tout son parcours entre le Lac de Tibériade et son embouchure, atteint aujourd’hui des niveaux si bas que sa survie à quelques décennies est désormais en cause. Par voie de conséquence, la Mer Morte, soumise elle aussi à une exploitation intensive, est également menacée de disparition pure et simple. La surface de la mer Morte a été réduite d’un tiers en l’espace de trois décennies. Le débit du Jourdain ne dépasse plus 1 milliard de mètres cubes d’eau douce contre 13 milliards il y a soixante ans. Israël détourne 60% dex eaux du fleuve en aval du Lac de Tibériade (Mer de Gallilée pour les Israëliens) pour irriguer des milliers d’hectares de bananeraies et d’orangeraies.

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la zone d’irrigation au Sud de Tibériade.

La Jordanie et la Syrie plus au Nord surexploitent de leur côté l’unique affluent du Jourdain le Yarmuk (creusement d’un canal de dérivation vers la Jordanie et construction de soixante barrages côté syrien). Enfin, le bassin du fleuve, zone militarisée par Israël et la Jordanie, ne fait l’objet d’aucun entretien.

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bassins d’exploitation au Sud de la Mer Morte

La mer morte dont l’alimentation en amont est compromise subit, en aval, une exploitation massive de ses ressources : brome, magnésium et chlorure de potassium. L’évaporation induite est telle que son niveau global baisse de 1 m par an.

Deux solutions ont été avancées pour résoudre la crise hydrographique majeure qui menace la zone : creusement d’un canal au Nord, de la Méditerranée jusqu’à la Mer Morte ou creusement d’un canal au Sud, de la Mer Rouge (Aqaba) à la Mer Morte. Cette deuxième solution est retenue par les accords d’Oslo et a reçu l’aval de la communauté internationale et l’accord de principe de la Jordanie et d’Israël. Mais tout le monde n’est pas d’accord, à commencer par les scientifiques locaux qui soulignent que la Mer Morte doit être alimentée en eau douce. L’apport d’eau salée prévue par le Canal de la Paix bouleverserait radicalement son écosystème et risquerait d’entraîner la prolifération incontrôlable d’algues et de nitrates. Mais surtout, cette solution ne résoudrait en rien la question du Jourdain et du maintien de la ressource en eau douce au Nord de la mer Morte. Bien au contraire. Le risque de salinisation induite du bassin du Jourdain n’est pas négligeable.

Des gens des deux rives se battent sur place, ensemble. Ils tentent de promouvoir une exploitation et un aménagement raisonnés et coordonnés du fleuve en lieu et place des projets pharaoniques, inaptes à résoudre les problèmes posés, qui consacrent les divisions sans chercher à les dépasser. Ils se sont regroupés au sein de Friends Of Earth in the Middle East (FOEME). Soutenez-les.

Saint Valentin

•14 février 2008 • Laisser un commentaire

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bling…flop

•14 février 2008 • Laisser un commentaire

La croissance n’a pas dépassé 1,9 % en 2007 (2,5 % en Allemagne et 2,7 % pour l’ensemble de la zone euro). Pas terrible ça.
Nous voilà bien loin des 3% promis il n’y a guère. Où donc est passé le fameux “choc de croissance” que le TEPA (travail, emploi, pouvoir d’achat) ne devait pas manquer de créer. Souvenez-vous : le bouclier fiscal, les heures sup, l’exonération des droits de succession, le relèvement des plafonds des donations exonérées d’impôts, les crédits d’impôts sur les emprunts immobiliers. Tout çela nous annonçait un avenir radieux et riche, enfin surtout si on l’était déjà.
Rien de nouveau sous le joli soleil de février. Bling-flop.

dérapage ? tu parles !

•13 février 2008 • Laisser un commentaire

Le Nouvel Obs comparé aux pires feuilles des années noires par l’épouse du Président. L’entretien accordé à l’Express a pourtant été longuement réalisé, révisé, soupesé, mis au point, corrigé (pendant près d’une semaine nous dit M. Barbier, ami personnel de l’intéressée et nouveau metteur en scène du couple royal). Pas de dérapage donc. Alors quoi ? Un coup bas manigancé pour faire oublier les images d’un enfant jeté en pâture aux hordes de photographes, surgis (allez savoir pourquoi et comment) du fond des gorges de Pétra ? pour faire oublier la stupéfiante dégringolade du président dans les sondages ? les reculades (taxis), les revirements (Arcelor Mittal), les échecs accumulés (croissance, déficit public, pouvoir d’achat), les peu élégantes courbettes diplomatiques (Libye, Tchad, Emirats, Arabie Saoudite) et autres pantalonnades familiales (Neuilly) ?

Mme Bruni-Sarkozy s’est depuis excusée.

Mais enfin, pour se rafraîchir la mémoire ou contribuer à l’instruction des plus jeunes, petit exemple de ce que cette presse publiait et du “danger” bien réel qu’elle représentait :

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pêche au gros

•11 février 2008 • Laisser un commentaire

“Les militants, quand on va dans le mur, ils nous demandent de bien garder la trajectoire. Voilà ce qu’ils nous demandent et on les emmène.” Jean Sarkozy, le 10 février sur le marché dominical de Neuilly

vivement l’ouverture de la truite !

 
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